Peintures médiévales

Découverte de peintures anciennes dans les arcs des chapelles

Des fragments de décors dans l’intrados des arcs des chapelles latérales laissent supposer qu’un décor plus ancien, vraisemblablement XVème ou XVIème, est encore en place sous les décors XIXème.

Partie visible des décors : on voit nettement les teintes et la technique à la détrempe. Les sondages ont permis d’établir la surface exacte de ces vestiges et leur datation : environ 1m2, pour des décors XV-XVIème dans l’arc de la chapelle sud avec un bon état de conservation et peut-être même période et XVIIème dans l’arc nord, mais relativement fragilisés. D’autres fragments ont été découverts dans les arcs.  

Arc Sud
Arc Sud
Figure (interprétation de Sabine de Freitas)
Figure (interprétation de Sabine de Freitas)

Le décor sondé côté sud est très intéressant et, d’après les premières constatations, il pourrait être le Saint Pierre dont il est question lors de la mise en travaux de l’église au XIXème siècle.

Dans l’arc Nord donc, (nommé dans ce dossier polychromie n°3) de nombreuses traces fragiles et confuses au même niveau (côté Est). Peut-être un autre Saint faisant le pendant ?

Découvertes dans l’ancienne sacristie

Cette ancienne sacristie a été construite en s’appuyant sur l’église (4 murs distincts).

On voit nettement les modifications effectuées au niveau de l’église sur le mur sud pour la recevoir.  

Vue est de l’église avec la porte d’entrée
Vue est de l’église avec la porte d’entrée
Photo intérieure de l'ancienne sacristie
Photo intérieure de l'ancienne sacristie

A droite : nouvelle porte donnant accès au chœur et à gauche : porte de l’actuelle sacristie ; au dessus de la porte du milieu : fragments de décors XVIème. Il semblerait que ces décors étaient à l'origine extérieurs, représentant les armoiries de la famille de Scépeaux. Il s'agirait d'une litre funéraire. Appelée également litre seigneuriale, il s'agit d'une bande peinte à l'intérieure d'une église ou d'une chapelle, et plus rarement à l'extérieur, afin d'honorer le défunt.


Une porte notamment permettait d’accéder directement à l’église, mais elle fut condamnée lors de l’installation du retable entrainant l’ouverture d’une seconde porte. Les sablières viennent supporter le nouveau plafond mais la voûte d’origine est plus haute.

Les décors sont en totalité recouverts de couches successives (jusqu‘à 6) de badigeons de chaux dont l’un est fortement mêlé de sable et poils (vache). Les sondages effectués sur le mur sud, sous la zone correspondant aux traces visibles sous la charpente confirment la présence d’un grand blason identifié comme celui de la famille Scépeaux, « vairé d'argent et de gueules ». Ces armoiries mesurent environs 80 cm2 et sont partiellement cachées par un plafond installé peut-être au XIXème siècle.  

Elément d’un écusson, mur ouest de la Chapelle seigneuriale
Elément d’un écusson, mur ouest de la Chapelle seigneuriale
Elément d’un écusson, mur ouest de la Chapelle seigneuriale
Elément d’un écusson, mur ouest de la Chapelle seigneuriale
Armoiries François de Scépaux
Armoiries François de Scépaux

Sur le mur ouest, après sondages on découvre ce qui est probablement une litre funéraire contenant 2 rectangles : l’un aux armes des Scépeaux et l’autre avec 2 lignes horizontales de gueule sur fond d’or avec petites étoiles de gueules (épouse?).  

Voûte de la chapelle seigneuriale
Voûte de la chapelle seigneuriale
Polychromie cachée par la voûte
Polychromie cachée par la voûte

Il n’est pas impossible que d’autres décors soient mis à jour. La technique picturale est la détrempe (pigment + liant organique). Seules trois teintes sont utilisées : noir de suie, ocre jaune, ocre rouge. La stylistique est très simple.

 

Ces différents vestiges de peintures murales réalisées pour les familles seigneuriales aux XIV-XVème siècle dans la chapelle réservée à la famille seigneuriale est typique d'une époque où la piété individuelle se développe favorisant ainsi "la réalisation d'images isolées ou regroupées au sein de programme de faible ampleur ». (2)

 

(2) Extrait de l'étude menée par le Conseil Régional des Pays de la Loire en 2011 " A la découverte des peintures murales des Pays de la Loire", page 37

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